Trekkeur en veste bleue et sac à dos orange avançant sur une arête enneigée vers un sommet, au Népal.
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Quand partir au Népal ? Le guide pratique pour chaque projet (2026)

Le Népal s’étend du plancher subtropical du Terai jusqu’aux 7000 m et plus de l’Himalaya. Avec une telle diversité, on ne part pas au Népal n’importe quand. Au‑delà des guides copié‑collé, cet article propose une lecture en plusieurs couches: les saisons (temps), les activités (fonctions), la physiologie (corps), l’espace (régions) et la logistique (budget). Vous aurez ainsi toutes les clés pour choisir votre bonne fenêtre en 2026.

Léa V.
22/1/26
6
minutes

I. L’analyse climatique : comprendre la dualité des saisons

Le Népal connaît une saison sèche et une saison humide. Comprendre cette dualité permet de savoir quand les montagnes se montrent, quand les sentiers sont praticables et quand les régions isolées sont accessibles.

La saison sèche : la fenêtre de clarté (octobre – mai)

Octobre – novembre : l’âge d’or des treks – À la suite de la mousson, les pluies ont dissipé la poussière atmosphérique. Les airs sont transparents et la visibilité sur les Annapurnas ou l'Everest est exceptionnelle. C’est le moment privilégié pour les trekkings comme le camp de base de l’Everest. La fréquentation est forte mais la qualité de lumière vaut l’effort : un ciel bleu profond et des panoramas cristallins.

Décembre – février : l’hiver sec – Dans l’Himalaya, les températures chutent (jusqu’à −20 °C à 5000 m), mais l’air reste sec. Les treks à haute altitude demandent une bonne gestion du froid (couches thermique, doudoune, sac de couchage -20 °C). Les régions comme Mustang restent praticables grâce à leur situation en “ombre de pluie”, car la barrière himalayenne protège de la mousson.

Mars – mai : renaissance printanière – Le soleil revient sans la chaleur écrasante, les vallées se couvrent de rhododendrons en fleurs et le climat s’adoucit. Cependant, les poussières en suspension augmentent progressivement jusqu’à la mousson, ce qui réduit la visibilité lointaine . Les sentiers sont moins fréquentés qu’en octobre, ce qui plaît aux randonneurs en quête de tranquillité.

La saison humide : l’été de la mousson (juin – septembre)

Entre juin et septembre, la mousson déverse l’essentiel des précipitations annuelles. Les glissements de terrain et les sangsues sont fréquents, les vols intérieurs parfois annulés. Dans certaines régions, la pluie est continue ; la visibilité disparaît et la boue rend les chemins pénibles. Toutefois, certaines zones bénéficient d’un effet ombre de pluie (rain shadow) : le Mustang et le Dolpo (nord de l’Annapurna et du Dhaulagiri) reçoivent très peu de pluie grâce à l’énorme barrière himalayenne. L’été y est alors une période extraordinaire pour découvrir des cultures tibétaines préservées.

II. L’analyse par projet : adapter la date à votre activité

Un voyage au Népal n’a pas un seul visage. Selon votre objectif (trekking, photo, culture, safari), la période conseillée diffère.

Le photo‑trek et la haute altitude : viser la visibilité maximale

Pour les photographes et amateurs de sommets, le duo octobre‑novembre est imbattable. Après la mousson, l’air est pur, la neige fraîche et les montagnes semblent léviter au‑dessus des vallées. Les indices de réfraction de l’air sont plus faibles à cette période, ce qui limite les distorsions optiques et accentue la netteté des cimes. Mars est également intéressant pour ses lumières douces et les contrastes avec les rhododendrons en fleurs.

La culture et les festivals : voyager au rythme des rituels

Le Népal est un pays de traditions. Assister à un festival permet de comprendre l’âme du pays. Deux fêtes majeures à connaître :

  • Dashain (septembre/octobre) – C’est la fête nationale la plus importante, dédiée à la victoire de Durga sur le mal. Les Népalais partent voir leur famille, les boutiques sont fermées et les bus complets plusieurs jours. L’ambiance est joyeuse et colorée, mais prévoyez vos transports à l’avance.
  • Tihar (octobre/novembre) – Aussi appelée “festival des lumières”, cette fête honore les animaux (corbeaux, chiens, vaches) et culmine avec le Bhai Tika. Les rues de Katmandou se parent de lampes à huile et de guirlandes électriques.

D’autres fêtes comme Holi (mars) ou le Nouvel An népalais (avril) valent le détour. Vérifiez les dates précises car elles suivent le calendrier lunaire.

Safari et jungle (Terai) : quand la faune se laisse observer

La plaine du Terai abrite les parcs nationaux de Chitwan et Bardia. L’observation d’animaux (tigres, rhinocéros, crocodiles) est meilleure pendant la saison sèche (janvier – mars) quand les hautes herbes sont coupées et que les animaux fréquentent les points d’eau. Évitez la mousson : les pistes sont boueuses et certains lodges ferment.

III. La science du corps : physiologie du randonneur selon la saison

Cette section propose une approche inédite. Les effets du climat sur l’organisme jouent un rôle décisif sur la réussite d’un trek.

L’humidité et la perception du froid

La sensation de froid ne dépend pas seulement de la température. L’indice Windchill combine le vent et la température pour estimer le refroidissement ressenti, tandis que l’indice Humidex associe la chaleur et l’humidité. Ainsi, −10 °C par temps sec en hiver (saison sèche) est souvent plus supportable que +5 °C en fin de mousson, lorsque l’humidité élevée entrave l’évaporation de la sueur et provoque une sensation de froid moite. L’humidité favorise aussi l’hypothermie car l’air humide conduit mieux la chaleur.

Capacité pulmonaire et pression atmosphérique saisonnière

À mesure que l’altitude augmente, la pression atmosphérique diminue. Au sommet de l’Everest, la pression représente environ 33 % de celle du niveau de la mer et la quantité d’oxygène inhalée diminue. Or, la pression varie légèrement selon les saisons : en hiver, l’air froid est plus dense, ce qui augmente légèrement la pression partielle en oxygène et facilite l’acclimatation; en été, la pression baisse et l’ascension peut être plus exigeante. Comprendre ces variations aide à planifier un trekking en fonction de votre niveau de forme.

Psychologie du randonneur : solitude hivernale vs saturation automnale

Le flux touristique impacte l’expérience de trekking. En octobre‑novembre, les refuges peuvent être bondés et la file d’attente s’allonge dans les passages étroits. Ce contexte social influe sur la perception de l’effort et du plaisir. En hiver, les sentiers sont désertés; la solitude et le froid renforcent la sensation d’aventure et demandent une préparation mentale particulière. Selon votre personnalité, choisissez une période qui soutient votre motivation.

IV. L’analyse géographique : les micro‑climats par région

Chaque région possède son propre calendrier climatique. Même au sein de la saison sèche, les conditions varient.

Les vallées centrales (Katmandou, Pokhara)

Dans la vallée de Katmandou, la pollution atmosphérique atteint des niveaux élevés en mars/avril en raison de la poussière et des particules en suspension. Privilégiez les mois d’octobre et novembre pour des panoramas nets sur la chaîne himalayenne, ou partez au printemps si vous êtes allergique au froid. Pokhara bénéficie d’un climat plus humide et d’une mousson généreuse; la vue sur le Machapuchare (Fish Tail) est souvent bouchée en été.

Le grand Nord – Everest, Annapurnas : les barrières naturelles

Les hautes chaînes himalayennes créent leurs propres systèmes météo. Dans la région du Khumbu (Everest), le vent puissant du jet stream souffle fort en hiver; des périodes de beau temps absolu alternent avec de courtes tempêtes. Les Annapurnas connaissent aussi des microclimats: le nord reste sec (rain shadow) tandis que le sud reçoit de fortes pluies.

Les trans‑Himalayennes (Mustang, Dolpo) : les exceptions de la mousson

Ces régions situées au nord de la barrière himalayenne bénéficient d’un climat aride et ensoleillé. Le Mustang (au nord de l’Annapurna) et le Dolpo reçoivent très peu de précipitations même en été. Vous pouvez donc y randonner pendant la mousson pour profiter d’un contraste saisissant avec la luxuriance du sud.

V. La logistique du départ : préparer son budget et son sac

Stratégie de “layering” : le système des trois couches

Pour affronter les variations de températures, adoptez la règle des trois couches : couche de base (sous‑vêtement thermique qui évacue la transpiration), couche isolante (polaire ou duvet) et couche externe (veste imperméable et coupe‑vent). Adaptez l’épaisseur en fonction de la saison: en hiver, ajoutez une doudoune; au printemps, privilégiez des tissus respirants; en été, optez pour des vêtements légers mais résistants à la pluie.

Fluctuation des prix : haute vs basse saison

En haute saison (octobre/novembre et mars/avril), le prix des vols internationaux et des lodges augmente. Les permis de trek (TIMS, permis d’Annapurna ou de Sagarmatha) restent constants, mais le coût des billets d’avion domestiques (Lukla, Pokhara/Jomsom) peut fluctuer selon la demande. En basse saison, les hébergements offrent souvent des réductions; cependant, certaines guesthouses ferment en raison du manque de fréquentation. Planifiez votre budget en tenant compte du niveau de confort souhaité : plus vous visez les hautes altitudes en hiver, plus vous devrez investir dans un équipement thermique de qualité.

Conclusion : choisir son moment en toute connaissance de cause

Alors, quand partir au Népal en 2026 ? Si vous cherchez des vues claires et un ciel irréel, privilégiez octobre – novembre. Pour un climat doux et fleuri, mars – avril sont excellents, bien que légèrement plus brumeux. Les aventuriers qui souhaitent explorer des régions hors des sentiers battus pendant la mousson pourront découvrir Mustang ou Dolpo au cœur de l’été, à condition d’être conscients des risques de transport. Enfin, n’oubliez pas l’aspect humain : votre capacité à gérer le froid, la foule ou la solitude et votre intérêt pour les fêtes traditionnelles doivent guider votre calendrier. Avec ce guide mêlant climatologie, physiologie, géographie et culture, vous pourrez planifier un voyage au Népal sur mesure, alliant plaisir et sécurité.

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